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Faire de la graisse un allié santé et minceur : le surprenant régime cétogène d'après la science

Les principes du régime Cétogène (1/4)

Les bienfaits des régimes cétogène sur la santé (2/4)

De la théorie à la pratique : Faire passer le corps en cétose (3/4)

Les risques pour la santé d’après la science (4/4)

Références


Le script entier et les références des quatre vidéos se trouvent légèrement plus bas.



Les raisons poussant à questionner son alimentation sont nombreuses. Perdre du poids, avoir plus d’énergie, améliorer son diabète, s’assurer la santé sur le long terme… Et les régimes pour y parvenir sont tout aussi variés. Parmi eux, le régime cétogène, est peut être le plus original. Il permet d’atteindre ses objectifs de santé et de poids, par une alimentation composée principalement de gras. Non non, on ne se moque pas de vous ! D’ailleurs, on vous propose plutôt d’expliquer comment et pourquoi cela fonctionne, en s’appuyant sur un siècle de pratique et d’études scientifiques. Alors si vous êtes prêts à troquer les bonbons contre du bacon grillé ou des toasts à l’avocat, ou que vous êtes tout simplement curieux, voici l’occasion de tout comprendre du régime cétogène.

Miser tout sur le gras : les principes du régime cétogène

Le régime ketogenic (ou régime cétogène en bon français) est à première vue très surprenant. Il s’agit de faire des lipides (autrement dit, le gras) l’élément principal de son alimentation. Pour y parvenir, on réduit drastiquement les glucides, et on modère les protéines. En lisant le mot gras devenir ami avec régime et santé, vous pensez sûrement qu’il s’agit là d’une grande conspiration des fast food pour attirer de nouveaux clients. Ou qu’on essaye de légitimer votre penchant pour la couenne du jambon. Pourtant non, le régime céto (de son petit surnom) n’a rien d’une fable, c’est même très sérieux. Il s’agit d’un mode d’alimentation dont les bienfaits sont prouvés régulièrement par de nombreuses études. D’ailleurs, lorsque le régime cétogène est né dans les années 1920, il s’agissait d’un essai médical pour diminuer les crises chez les enfants atteints d’épilepsie. Les résultats, rappelés par Freeman, Kossogg et Hartman (1), ont été si concluants qu’aujourd’hui le régime cétogène rencontre un succès grandissant. Et on comprend facilement pourquoi... Lexique bilingue (en/fr) du keto ● ketogenic = cétogène ● ketosis = cétose ● carbs = glucides ● fat = gras ● keto flu = grippe cétogène


Les différentes variantes du régime céto

● Le régime standard (SKD pour standard ketogenic diet) est le plus pratiqué. Il correspond simplement à une alimentation cétogène classique et sans interruption (1). ● Le régime cétogène élevé en protéines est sensiblement identique, à part 5% que l’on prend en plus en protéines au lieu des lipides. Cette variante est la plus adaptée pour ceux qui veulent s’assurer une masse de muscle importante, tel que les culturistes ou les personnes âgées afin de prévenir la dégradation musculaire. ● Le régime cétogène cyclique (cyclical ketogenic diet ; CKD) est identique au régime standard dans la balance en apports,. Mais il permet d’alterner par de courtes périodes d’alimentation plus élevées en glucides. Soit 1 ou 2 jours par semaine, soit pendant 3 à 4 jours dans le mois, toujours d’affilé. C’est un bon compromis pour se tenir au régime, mais est davantage destiné à ceux qui ont une activité physique suffisamment intense pour éliminer immédiatement les stocks de glucides. Si vous pratiquez des entraînements sportifs plus modérés, alors il n’est pas conseillé de s’engager dans le cyclique. Autrement votre corps va stocker ces glucides, et ainsi ne pas pouvoir retourner en état de cétose. ● Le régime cétogène ciblé (targeted ketogenic diet ; TKD) est adapté si vous pratiquez régulièrement une activité physique intense de longue durée. En complément du régime cétogène standard, vous pouvez consommer environ 25g de glucides entre 30 et 45 minutes avant l’activité physique. De cette façon, les muscles vont bénéficier du glucose dont ils ont besoin pour être endurants.

Plus efficace que les autres régimes pour perdre du poids rapidement et durablement

Oeil pour oeil, gras pour gras

Pendant de nombreuses années, tous les régimes ont porté sur l’obsession de réduire le gras dans notre alimentation. Pourtant, l’étude de Dyson et al. (3), a permis de confronter ce type de régime allégé en graisse, contre un très allégé en glucides : Après 6 mois, les femmes du régime très allégé en glucides ont perdu en moyenne le double de masse graisseuse que celles du régime allégé en gras ! On retrouve le même type de résultats dans une étude de Bonnie et al. (4) rassemblant des sujets diabétiques et non-diabétiques. Les sujets étaient répartis aléatoirement dans un groupe soit avec un régime allégé en glucides, soit en suivant les recommandations nutritionnelles du Royaume-Uni pour les personnes diabétiques : Une fois encore, les sujets du régime allégé en glucides ont perdu significativement plus de poids que les autres : 6,9 kg contre 2,1 kg. Soit, plus du triple !

Pars et ne reviens pas

Le régime cétogène permet également d’éviter le regain de poids. Comme le montre l’étude de Gomez-Arbelaez et al. (5), la masse musculaire maigre et le taux métabolique au repos (TMR) atteints à la fin d’un régime allégé en glucides se stabilisent sur le long terme. Le TMR étant les besoins énergétique de notre corps au repos, pour remplir les fonctions vitales. Cette donnée, d’après une étude comparative de Fothergill et al. (6), serait un élément clé dans le maintien du poids d’après régime.

Comment manger presque que du gras peut-il m’en faire perdre ?

C’est là que vous tiquez : plus de graisse dans l’assiette pour moins dans les poignées d’amour. Comment est-ce possible ? Ca ressemble à de la magie et pourtant ce n’est que la nature. Ce phénomène à la base du régime cétogène, expliqué par Veech (7), est appelé cétose (ketosis en anglais). La cétose fonctionne de la manière suivante :

1. Le corps utilise normalement le glucose contenu dans le sang comme source d’énergie, parce que c’est plus facile (ce feignant). Du coup le gras, qui ne lui sert pas, est majoritairement stocké.


2. Quand on prive le corps de glucide, il n’a d’autre choix que de puiser dans d’autres types de ressources : les acides gras.

3. Mais la barrière hémato-encéphalique de notre cerveau ne laisse pas passer ces acides. Alors le foie les transforme en cétones, envoyés dans le sang. Les cétones sont alors utilisées par tout le corps comme énergie.


4. Arrivés au niveau du cerveau, les cétones passent la barrière sans difficulté. Le cerveau s’en sert alors comme carburant, tel qu’il le ferait pour le glucose. En plus, contrairement au glucose à excès, les cétones ne provoquent pas de perméabilité de la barrière hémato-encéphalique ou d’inflammation. Un sans faute pour les cétones !

Cet état métabolique particulier est habituellement atteint en cas de grossesse, de jeûne, durant la petite enfance ou de privation de nourriture. Hors avec le régime cétogène, ce n’est pas de nourriture dont on se prive, mais simplement de glucides. Et cela suffit à placer notre métabolisme en état de cétose - fastoche non ?


2ème partie : Les bienfaits des régimes cétogène en cas de diabète et pré-diabète




Le diabète est une maladie qui résulte de problèmes de production (diabète 1) ou de gestion (diabète 2) de l’insuline par le corps. Ces défauts conduisent à une concentration accrue de glucose dans le sang. Le prédiabète est un état précédant le diabète de type 2, caractérisé par une glycémie plus élevée que la normale. Les études prouvant les bienfaits d’un régime cétogène chez les patients atteints de diabète type 2 sont nombreuses. Dans une étude de Yancy et al. (8), un régime très allégé en glucides a permis à 10 patients sur 21 de réduire leur médication, et à 7 sujets de complètement l’arrêter ! Dans l’expérimentation de Westman et al. (9), ce sont même 95% des patients suivant un régime cétogène qui ont pu réduire ou arrêter leur médication. Ces résultats impressionnants sont dûs aux effets du régime cétogène sur la perte de poids, et la réduction des hémoglobines A1c et triglycérides dans le sang. Comme le montrent Samaha et al. (10) ainsi que Stern et al. (11). En plus de cela, la sensibilité à l’insuline peut se trouver améliorée de 75% d’après l’étude de Boden et al. (12). Dans le même temps que le taux de sucre dans le sang est trois fois réduit par rapport à un régime allégé en calories (11).

Le régime cétogène est un véritable allié pour de nombreuses maladies

Maladies cardiovasculaires : En analysant un total de 36 études, Hession et al. (13) ainsi que Santos et al. (14) ont démontré qu’un régime cétogène améliore considérablement les conditions cardiaques, à travers de nombreux effets positifs sur le poids, cholestérol, pression sanguine…Cancer : Il semblerait, d’après Zhou et al. (15) et Klement et al. (16), que l’efficacité des chimiothérapies et radiothérapies soit liée à la présence de glucose dans le sang. Ainsi, comme insiste l’étude de Vidali et al. (17), un régime cétogène peut encourager l’efficacité des traitements du cancer. ● Maladie d’Alzheimer : De part la sensibilité du cerveau atteint d’Alzeihmer au glucose, ainsi que sa résistance à l’insuline, plusieurs études (18, 19, 20) ont démontré qu’un régime allégé en glucides permettrait un allègement des symptômes de la maladie. ● Epilepsie : Le régime cétogène a été créé dans le but même de réduire les crises épileptiques chez les enfants (1). Il refait ses preuves dans une étude de Hemingway et al. (21), dans laquelle 57 enfants sur 150 ont pu réduire à 1 médicament ou moins leur traitement. ● Maladie de Parkinson : Dans une étude de Jabre et Bejjani (22), 5 patients sur 7 ont connu une amélioration de leurs symptômes suite au régime cétogène. ● Syndrome des ovaires polykystiques (SOP) : Les effets d’un régime cétogène ont prouvé leur efficacité dans une étude de Mavropoulos et al. (23) sur le SOP. Notamment car cette maladie est associée à l’obésité, l’hyperinsulinisme et la résistance à l’insuline. ● Lésions cérébrales : D’après Prins et al. (24), une alimentation cétogène chez de jeunes rats atteints de lésions cérébrales a permis de réduire le volume des contusions jusqu’à 58% pour les plus jeunes d’entre-eux. ● Acné : De nombreux aliments contenus dans un régime cétogène font partis de ceux connus pour leurs effets boostant sur la peau. Dans le même temps, comme le soulignent Paoli et al. (25), ce régime permet également de réduire le niveau d’insuline qui est un facteur aggravant de l’acné.

3ème partie : De la théorie à la pratique : faire passer le corps en cétose


Plus aucun doute que le régime cétogène est fait pour vous ? Il est maintenant temps de comprendre comment atteindre l’état métabolique de cétose (ketosis) qui fait toute la magie du processus.

Beaucoup BEAUCOUP moins de glucides

Évidemment, le principe du régime est avant tout de réduire vos apports en glucides au maximum journalier de 35 grammes (soit 25 grammes nets une fois la quantité de fibre soustraite). Et pour aller encore plus vite, le mieux reste encore de viser directement les 20 grammes nets de glucides par jour. Pour cela on évite : - les céréales : maïs, riz, blé… - le sucre : miel, agave, sirop d’érable… - certains fruits riches en sucre : pomme, banane, orange… - les tubercules : pomme-de-terre, igname, patate douce...


Du gras, des lipides, de la graisse et tous leurs synonymes


Pour s’assurer d’avoir une alimentation suffisamment riche en graisses (et en goût), il existe tout un tas de petites astuces :

  1. Achetez les produits laitiers entiers, avec toute leur matière grasse

  2. Cuisinez toujours avec de la graisse

  3. Utilisez différents types de graisses pour varier les saveurs

  4. Ajoutez à tous vos plats assaisonnement, sauce, beurre ou huile

  5. Garnissez vos préparations d’aliments très riche en gras tel que le fromage, l’avocat, la viande séchée, les olives ou les noix

  6. Après le plat, ne vous privez surtout pas d’un petit plateau de fromage

  7. Parce que c’est délicieux et qu’en plus ça permet de remplir un peu l’estomac entre les repas, on ajoute un peu de beurre, de crème fouettée ou d’huile de coco dans ses boissons chaudes.

D’une manière générale, les aliments pro-céto sont : - produits laitiers sans sucre - huiles - noix et arachides - œufs - poissons - volailles - viandes - fruits de mer - fruits peu sucrés : citron, olive, framboise, fraise, noix de coco, bleuet… - légumes peu sucrés : épinard, brocoli, haricots verts, salade, concombre, courgette, choux, avocat, tomate...

La bonne quantité de protéines

Les protéines sont indispensables à l’organisme. Les acides aminés libérés lors de leur digestion sont une importante source d’énergie. Et surtout, ces mêmes acides jouent un rôle clé dans la fabrication de notre infrastructure cellulaire, nos organes, nos substances vitales, etc. Cependant, dans le cadre d’un régime céto, il faut maîtriser cet apport en protéines. Car, comme le soulèvent Veldhorst et al. (26), si vous mangez plus de protéines que votre corps a besoin, un processus de glucogénèse se met en place. Et vous l’aurez deviné rien qu’au nom, ce n’est pas bon pour entrer en cétose ! Cela veut dire que certains des acides aminés vont se transformer en glucose. Pour modérer son apport en protéines lors d’un régime cétogène, il est recommandé d’en consommer par jour entre 1,2 et 1,7 grammes par kilo que vous pesez. A vos calculatrices !

Pour votre santé évitez de grignoter

Il arrive que la télé ne dise pas que des bétises. Lors d’une alimentation céto, il faut tout particulièrement éviter de grignoter. Cameron et al. (27) ont mis en évidence que le fait d’augmenter le nombre de repas, augmentait la production d’insuline. Et c’est justement cette hormone qui fait stocker la graisse plutôt que l’utiliser comme énergie. Alors si le grignotage était une habitude bien ancrée, il va falloir la remplacer. Essayez de faire une promenade, de vous lancer dans une tâche ménagère ou de rester concentré dans votre tâche en cours. Un thé ou un café peuvent aussi aider. Peut-être que cette envie de grignoter signifie que vous ne mangez pas suffisamment lors des repas. Pour ça la solution est simple : manger plus ou plus gras.

Un gros dodo et moins de stress

Le sommeil et le stress sont évidemment deux éléments clés de notre santé. Sur le long terme, un régime cétogène peut affecter positivement la qualité de notre sommeil. Ainsi que le montrent Hallböök et ses confrères (28), l’alimentation céto réduit le temps de sommeil en améliorant sa qualité ! Cependant, dans les premiers temps du régime votre sommeil pourra se trouver perturbé. C’est normal. Votre corps est habitué à utiliser les hydrates de carbone qu’on trouve dans les glucides pour améliorer la circulation du tryptophane. Cet acide participe à la production de sérotonine et mélatonine, très impliquées dans le sommeil. Il faudra simplement un petit temps d’adaptation. Plus encore que le manque de sommeil, le stress est l'ennemi d’un régime cétogène efficace. Avignon et Monnier (29) nous rappellent que lorsque la cortisol (l’hormone du stress) est élevée, davantage de glucose est libéré dans le sang et le niveau d’insuline augmente. L’un comme l’autre empêchent d’entrer en cétose et de brûler la graisse comme énergie. Alors essayez de trouver des stratégies pour vous relaxer et mieux dormir. Keep calm and ketosis.

Comment savoir si je suis en ketosis (cétose) ?

Pour savoir si vous avez enfin atteint cet état dont on vous a temps parler - la ketosis - il existe plusieurs indices :

1. Bouche sèche et soif : En temps normal, une grande partie de l’eau est contenue dans les glycogènes, obtenus par conversion des glucides. Alors en toute logique, avec moins de glycogènes dans le corps, vous vous trouvez un peu déshydraté. Dans le même temps, à mesure que votre niveau d’insuline baisse, les reins n’ont plus besoin de retenir l’eau et le sodium qu’ils gardaient précieusement pour gérer le glucose.


2. Augmentation de l’envie d’uriner : Cela est dû à toutes ces libérations d’eau et de sodium que l’on vient de mentionner. Forcément ces substances liquides se doivent d’être éliminées d’une certaine façon… En plus de cela, de nombreux aliments faibles en glucides, et les cétones elles-mêmes sont des diurétiques naturels. Vous faites beaucoup d’aller-retours aux toilettes, et c’est bon signe.

3. L’haleine céto : C’est peut-être la partie la moins glamour du processus. En état de cétose (ketosis) le foie produit des cétones, qui engendrent la production d’acétone. Ce déchet odorant se libère dans l’urine et dans l’air. Alors à vos brosses-à-dents et chewing-gum sans sucre.

4. Réduction de l’appétit : Sumithran et al. (30) ainsi que Gibson et al. (31) se sont intéressés à cette diminution de l’appétit que rencontrent beaucoup de personnes en état de cétose. Plusieurs explications sont questionnées : la lenteur de la digestion de produits riches en gras, la réduction des besoins énergétiques induits par le régime ou bien l’effet des cétones elles-mêmes… En tout cas vous avez moins faim, et c’est tant mieux !

5. Éventuelle augmentation de l’énergie : En état de cétose, le foie produit des cétones en grosse quantité(32). L’avantage de ces corps organiques c’est qu’ils sont faciles à transporter dans le sang et franchissent rapidement la barrière hémato-encéphalique de notre cerveau, sans besoin de phase de glycolyse. C’est cette facilité d’assimilation des cétones, qui apporte environ 25% d’énergie supplémentaire par rapport au glucose, d’après LaManna et al. (33). Alors d’une manière générale, les cétones (étudiés par Cox et Clarke (34)) fournissent au corps de quoi avoir un niveau d’activité physique et mentale optimale.


4ème partie : Les risques pour la santé d’après la science



Qui ne devrait pas faire un régime cétogène ?

Comme nous l’avons vu, une alimentation céto est adaptée pour la plupart des personnes. Dans certaines maladies elle peut même être un précieux allié. Cependant, si vous êtes dans les cas suivants, vous ne devriez pas commencer un régime cétogène : - femme enceinte ou allaitante - individu en sous-poids ou ayant un trouble de l’alimentation - diabétique de type 1 - personne en post-opération - sujet avec un historique de sérieux troubles psychiatriques Si vous suivez un traitement médicamenteux quel qu’il soit, ou êtes dans une condition médicale particulière, discutez avec votre médecin avant de commencer tout type de régime. Il se pourrait également que le régime céto ne soit pas tout à fait adapté aux athlètes de haut niveau. De même si vous souhaitez gagner une importante masse de poids ou de muscle. D’une manière générale, il est toujours préférable de discuter avec son médecin d’un important changement dans son alimentation. Effets secondaires possibles du régime cétogène : le keto flu Si vous vous lancez dans un régime céto, il est possible que dans les premier temps vous contractez la “grippe cétogène” (keto flu en anglais). C’est moins rigolo que le nom, mais pas de panique, rien de très grave ! Les symptômes du keto flu, identifiés par Zhou et al. (15), peuvent être parmi les suivants :


- nausée - vomissements - constipation - diarrhée - maux de tête - irritabilité - faiblesse - crampes musculaires - vertiges - concentration limitée - maux de ventre - difficultés à dormir


Ils durent en général environ une semaine. Pour réduire les symptômes reposez-vous, assurez-vous de boire en quantité et de consommer suffisamment de lipides mais aussi de glucides (5% des apports).


Pour éviter l’apparition de la grippe, il est possible de commencer par un régime simplement allégé en glucides les premières semaines. Avant de réellement s’engager dans le régime céto.


Suivre un régime cétogène sur le long-terme : c’est possible !


Au départ quand on voit “régime” on pense à quelque chose de temporaire, le temps d’atteindre ses objectifs. Mais les effets positifs du régime cétogène pourraient vous donner envie de continuer plus longtemps.


D’après Dashti et al. (35), un régime céto sur le long terme ne présenterait que des avantages. En 24 semaines, les sujets de l’étude ont vu leur poids, indice de masse corporelle (IMC), taux de triglycérides, glucose dans le sang et LDL (mauvais) cholestérol baisser de manière significative. Dans le même temps que le HDL (bon) cholestérol a augmenté. Le tout, sans effets secondaires négatifs.


Mais en parlant régime avec votre entourage, vous avez surement entendu certains s’écrier “attention aux carences !”. Ils ont raison. Comme toujours, notre alimentation se doit d’être maligne pour éviter toute carence.

Dans le cas d’un régime cétogène, on peut tout à fait trouver les minéraux et vitamines dont on a besoin dans les produits gras. Notamment les abats de viande, les légumes, la viande rouge, la graisse animale, les huiles, etc...


Comme pour tout type d’alimentation, il s’agit donc de sélectionner consciemment les produits que l’on choisit de consommer. C’est ce qu’ont mis en évidence Durrer et al. (36), inquiets des conséquences d’une alimentation très riche en graisses sur le coeur et la longévité. Pour une réduction des risques, le mieux est de s’assurer les apports en protéines et graisses à partir d’aliments comme les légumes, les noix et le pain complet.


Alors, en dosant intelligemment, on dit oui au régime céto sur le long terme !


Prêts à vous lancer dans la keto life, voici nos 8 derniers conseils


  1. Cuisinez vos repas et évitez surtout les aliments ultra-transformés : de la poêlée de légumes surgelés aux biscottes, méfiez-vous des sucres cachés dans la nourriture industrielle ! Le mieux (et le plus satisfaisant aussi) c’est de se cuisiner soi-même ses repas, à base de produits frais.

  2. De l’eau ou des boissons chaudes non sucrées : voici ce que l’on veut trouver dans la gourde d’un céto accompli. Et en grande quantité.

  3. Variez les plaisirs et les apports : on ne le dira jamais assez. Même si vous “pourriez ne manger que ça”, le bacon et le fromage ne sont pas les seules sources de lipides !

  4. Les légumes feuilles : faciles à repérer, épinards, salades et autres blettes sont vos alliés cétogènes. En revanche on oublie betterave et carotte, mais on reste aimable.

  5. Mesurer : surtout dans les débuts il est important d’apprendre la composition nutritionnelle de vos aliments. Grâce à l’outil Ciqual de l’ANSES et de nombreuses applications smartphone, faites comme avec le mètre gratuit chez IKEA, mesurez tout.

  6. Attention aux mauvaises huiles : exit les huiles de céréales ou de fleurs (riches en Omega-6, source d’inflammation). Et les acides gras hydrogénés (dangereux pour le cœur et la circulation) qu’on trouve dans les aliments ultra-transformés.

  7. Lire les étiquettes : jetez un œil à au tableau des valeurs nutritionnelles présent sur chaque produit transformé. Et surtout lisez bien la ligne des glucides (= sucres rapides et lents), et non seulement celle du sucre pur.

  8. Ecoutez-vous : l’alimentation cétogène agit beaucoup au niveau hormonal. Alors, plus qu’à l’horloge ou aux règles accrochées sur le frigo, faites confiance à ce que vos sensations vous disent. Notre corps est bien plus bavard qu’on ne le croit.

Peut-être avant cette série de vidéos vous pensiez, que keto était le nom d’une quelconque mignonnerie japonaise. Le régime cétogène n’a désormais plus de secret pour vous.


Alors si vous êtes convaincus que c’est l’alimentation qu’il vous faut, lancez-vous !

A l’inverse, vous avez bien compris le fonctionnement de la cétose et ses bienfaits, mais le type de nutrition que cela implique ne vous convient pas ? Pas d’inquiétude, la prochaine série de vidéos sera peut-être la bonne.


En toucas, vous connaissez maintenant un nouveau sujet pour briller lors de votre prochain repas entre amis…


Références


(1) Freeman JM, Kossoff EH, Hartman AL. The ketogenic diet: one decade later. Pediatrics. 2007 Mar;119(3):535-43. https://doi.org/10.1542/peds.2006-2447


(2) Programme Nationnal Nutrition Santé du gouvernement Français, créé par l’ANSES et révisé en 2017 https://solidarites-sante.gouv.fr/IMG/pdf/pnns4_2019-2023.pdf


(3) Dyson, P. A., Beatty, S., & Matthews, D. R. (2007). A low-carbohydrate diet is more effective in reducing body weight than healthy eating in both diabetic and non-diabetic subjects. Diabetic medicine : a journal of the British Diabetic Association, 24(12), 1430–1435. https://doi.org/10.1111/j.1464-5491.2007.02290.x


(4) Bonnie J. Brehm, Randy J. Seeley, Stephen R. Daniels, David A. D’Alessio, A Randomized Trial Comparing a Very Low Carbohydrate Diet and a Calorie-Restricted Low Fat Diet on Body Weight and Cardiovascular Risk Factors in Healthy Women, The Journal of Clinical Endocrinology & Metabolism, Volume 88, Issue 4, 1 April 2003, Pages 1617–1623, https://doi.org/10.1210/jc.2002-021480


(5) Gomez-Arbelaez, D., Crujeiras, A. B., Castro, A. I., Martinez-Olmos, M. A., Canton, A., Ordoñez-Mayan, L., Sajoux, I., Galban, C., Bellido, D., & Casanueva, F. F. (2018). Resting metabolic rate of obese patients under very low calorie ketogenic diet. Nutrition & metabolism, 15, 18. https://doi.org/10.1186/s12986-018-0249-z


(6) Fothergill, E., Guo, J., Howard, L., Kerns, J. C., Knuth, N. D., Brychta, R., Chen, K. Y., Skarulis, M. C., Walter, M., Walter, P. J., & Hall, K. D. (2016). Persistent metabolic adaptation 6 years after "The Biggest Loser" competition. Obesity (Silver Spring, Md.), 24(8), 1612–1619. https://doi.org/10.1002/oby.21538


(7) Veech R. L. (2004). The therapeutic implications of ketone bodies: the effects of ketone bodies in pathological conditions: ketosis, ketogenic diet, redox states, insulin resistance, and mitochondrial metabolism. Prostaglandins, leukotrienes, and essential fatty acids, 70(3), 309–319. https://doi.org/10.1016/j.plefa.2003.09.007


(8) Yancy, W.S., Foy, M., Chalecki, A.M. et al. A low-carbohydrate, ketogenic diet to treat type 2 diabetes. Nutr Metab (Lond) 2, 34 (2005). https://doi.org/10.1186/1743-7075-2-34


(9) Westman, E. C., Yancy, W. S., Jr, Mavropoulos, J. C., Marquart, M., & McDuffie, J. R. (2008). The effect of a low-carbohydrate, ketogenic diet versus a low-glycemic index diet on glycemic control in type 2 diabetes mellitus. Nutrition & metabolism, 5, 36. https://doi.org/10.1186/1743-7075-5-36


(10) Samaha FF, Iqbal N, Seshadri P, Chicano K, Daily D, McGrory J, Williams T, Williams M, Gracely EJ, Stern L: A low-carbohydrate as compared with a low-fat diet in severe obesity. N Engl J Med. 2003, 348: 2074-2081. https://doi.org/10.1056/NEJMoa022637


(11) Stern L, Iqbal N, Seshadri P, Chicano KL, Daily DA, McGrory J, Williams M, Gracely EJ, Samaha FF: The effects of low-carbohydrate versus conventional weight loss diets in severely obese adults: one-year follow-up of a randomized trial. Ann Intern Med. 2004, 140: 778-785. https://doi.org/10.7326/0003-4819-140-10-200405180-00007


(12) Boden G, Sargrad K, Homko C, Mozzoli M, Stein TP: Effect of a low-carbohydrate diet on appetite, blood glucose levels, and insulin resistance in obese patients with type 2 diabetes. Ann Intern Med. 2005, 142: 403-411. https://doi.org/10.7326/0003-4819-142-6-200503150-00006


(13) Hession, M., Rolland, C., Kulkarni, U., Wise, A. and Broom, J. (2009), Systematic review of randomized controlled trials of low‐carbohydrate vs. low‐fat/low‐calorie diets in the management of obesity and its comorbidities. Obesity Reviews, 10: 36-50. https://doi.org/10.1111/j.1467-789X.2008.00518.x


(14) Santos, F.L., Esteves, S.S., da Costa Pereira, A., Yancy Jr, W.S. and Nunes, J.P.L. (2012), Systematic review and meta‐analysis of clinical trials of the effects of low carbohydrate diets on cardiovascular risk factors. Obesity Reviews, 13: 1048-1066. https://doi:10.1111/j.1467-789X.2012.01021.x


(15) Zhou W, Mukherjee P, Kiebish MA, Markis WT, Mantis JG, Seyfried TN. The calorically restricted ketogenic diet, an effective alternative therapy for malignant brain cancer. Nutr Metab (Lond). 2007;4:5. Published 2007 Feb 21. https://doi:10.1186/1743-7075-4-5


(16) Klement RJ. Calorie or carbohydrate restriction? The ketogenic diet as another option for supportive cancer treatment. Oncologist. 2013;18(9):1056. https://doi:10.1634/theoncologist.2013-0032


(17) Vidali S, Aminzadeh S, Lambert B, Rutherford T, Sperl W, Kofler B, and Feichtinger RG. Mitochondria: The ketogenic diet—A metabolism-based therapy. https://doi.org/10.1016/j.biocel.2015.01.02


(18) Gasior, M., Rogawski, M. A., & Hartman, A. L. (2006). Neuroprotective and disease-modifying effects of the ketogenic diet. Behavioural pharmacology, 17(5-6), 431–439. https://doi.org/10.1097/00008877-200609000-00009


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